Des autos électriques en libre-service à Montréal

Crédits photo © Autolib’

Suite au Forum stratégique sur les grands projets de Montréal, François Cardinal, éditorialiste à La Presse, écrivait un billet à propos d’Autolib’ intitulé « Des autos électriques en libre-service à Montréal ? Le maire dit oui… ».

Présent lors du Forum, Communauto apporte ici quelques éléments de réflexion sur ce projet qui suscite un engouement important chez la population.

Mentionnons, pour fin de clarification, qu’il était question, ici, de Libre Service Intégral (LSI) et non pas du service d’autopartage déjà offert aux Montréalais par Communauto. Contrairement à l’autopartage qui constitue également une offre d’automobiles offertes en libre-service, le LSI permet d’utiliser un véhicule sans le réserver au préalable et de le laisser à la fin de sa course à un endroit autre que son point de départ :

1) Les retombées environnementales positives des systèmes de Libre Service Intégral dépendent strictement de la présence d’autres alternatives à l’auto pour les déplacements pendulaires ou de plus longue distance. En fait, l’incertitude liée à la disponibilité du véhicule, dont on ne connaît pas la localisation dans le futur, et le coût du trajet (environ 0,35 $/min pour Car2Go, 5-7 euros la demi-heure pour Autolib’) réduisent la capacité de ces systèmes de représenter à eux seuls une alternative à la propriété d’une auto. De cette réalité découle l’importance d’intégrer le LSI en complémentarité avec les offres des autres acteurs du transport durable : taxi, transport en commun, autopartage et BIXI.

2) Le LSI risque d’entrer en compétition directe avec l’industrie du taxi, une composante importante du cocktail transport montréalais. Il s’avère donc nécessaire, ici, de planifier une intégration qui met en valeur ces deux systèmes.

Fort de son expérience et de sa vision intégrée du LSI, Communauto a annoncé en 2011 sa volonté et sa capacité de mettre à la disposition des Montréalais un tel système, de façon à ce qu’il soit orienté à promouvoir la mobilité collective, le tout en collaboration avec tous les acteurs du transport durable, incluant les taxis.

3) Nul ne peut contredire le fait qu’une manière d’augmenter l’impact positif du Libre Service est par l’utilisation de la technologie électrique. Ceci constitue une opportunité particulièrement significative au Québec. La présence d’un opérateur d’autopartage comme Communauto, parmi les plus grands au monde dans ce secteur, ainsi que la présence d’une source d’énergie électrique renouvelable, abondante et peu couteuse, et d’un opérateur engagé dans l’électrification du transport comme Hydro-Québec garantit une certaine expertise dans les deux domaines principaux du projet.

4) Les contraintes liées au choix d’électrifier le réseau comme l’a fait Autolib’ sont toutefois non négligeables. À Paris, la nécessité d’avoir des stations de recharge disponibles au départ et à destination crée une rigidité importante par rapport à la flexibilité offerte par les solutions thermiques déployées par Car2Go, notamment à Vancouver, où les voitures peuvent être garées partout, légalement, à l’intérieur d’un certain secteur.

5) Qui plus est, à Paris, l’alimentation en chaussée des véhicules électriques a nécessité un investissement important de la part des administrations de l’île de France : 50 000 euros par station d’environ 5 véhicules, en échange d’un loyer d’environ 750 euros par année par véhicule. Les voitures de Communauto garées sur des espaces publics à Montréal rapportent des revenus similaires à la Ville sans que celle-ci n’ait eu à investir dans le déploiement de cette offre.

6) À Montréal, de plus, les opérations de déneigement ont empêché jusqu’à maintenant d’établir un réseau important de voitures en autopartage sur la chaussée. La chose serait compliquée d’autant par la nécessité du besoin de prévoir une recharge. La réalisation du projet d’Autolib’ à Paris repose sur une volonté ferme de la part de la Ville, qui a été prête à investir des sommes considérables (50 millions d’euros) pour le réaliser en plus de libérer les espaces en voirie nécessaire pour mettre en place un réseau de stations important.

Selon vous, y a-t-il un avenir pour le LSI électrique à Montréal ?