Le temps des sucres chez les Premières Nations

Crédits photo © Maison amérindienne

On a tendance à l’oublier, mais ce sont les Amérindiens qui ont fait connaître aux explorateurs et aux colons la transformation de l’eau d’érable en sirop. C’est justement ce que nous montre la Maison amérindienne, située sur la montée des Trente à Mont-Saint-Hilaire. Ce musée bien spécial raconte la tradition du temps des sucres chez les premiers habitants. Quand les érables commencent à couler, vers le début du mois de mars, des Amérindiens font une démonstration à l’orée de la forêt sur la façon dont l’eau d’érable était cueillie, bouillie et transformée. Durant le temps des sucres et même jusqu’à Pâques, l’établissement propose dans l’une des salles du musée, un repas typiquement amérindien, les produits de l’érable servant d’assaisonnement ou de base selon les mets. On est bien loin des cabanes à sucre traditionnelles.

Activités sur place : visite éducative, cabane à sucre, marche
Entrée : payante
Horaire : lundi-vendredi 9h à 17h, samedi-dimanche 13h à 17h

Attikamekws 
La visite de la Maison amérindienne débute par un petit documentaire. On y voit des familles d’Attikamekws dans leur campement à la réserve Manawan, au nord de Saint-Michel-des-Saints, lors de la sigon (prononcer « sigone »), la saison des sucres. Les femmes font des contenants en écorce de bouleau, qui seront ensuite placés au pied des érables pour en cueillir l’eau. Les hommes entaillent les érables, avec une lame de couteau qu’ils enfoncent de travers avec une hache, pour y insérer un copeau de bois en guise de chalumeau. Quand ils font bouillir l’eau d’érable, ils brassent avec une spatule dotée d’un petit trou dans lequel ils soufflent de temps en temps : si les bulles se lient l’une à l’autre, c’est que le sirop est alors prêt.

Méthodes ancestrales
Dans la pièce voisine, on revoit ces accessoires à l’exposition intitulée De l’eau… à la bouche. Mais plutôt que des chaudrons en fonte, comme dans le documentaire, vous découvrez des récipients plus artisanaux dont les Amérindiens se servaient avant l’arrivée des Européens. Les Algonquins, par exemple, faisaient évaporer l’eau d’érable à force de jeter des pierres brûlantes dans un contenant en écorce de bouleau. Les Iroquoiens, quant à eux, faisaient bouillir l’eau d’érable dans des pots d’argile placés sur le feu.

Wigwomadensis
Derrière le musée, dans l’érablière, un sentier agrémenté de 20 panneaux illustrés nous en apprend encore plus. Comme les Abénakis l’ont fait jadis, vous foulez le sol au pied du mont Saint-Hilaire, celui qu’ils appelaient Wigwomadensis, la «colline en forme de wigwam».

Comment s’y rendre
La Maison amérindienne,
510 montée des Trente, Mont-St-Hilaire,
450-464-2500
www.maisonamerindienne.com

En voiture : autoroute 20, sortie 113, à gauche dans le chemin des Patriotes, puis encore à gauche dans la montée des Trente.

Tiré du guide Ulysse On va où aujourd’hui? 150 sorties à Montréal et environs, par Alain Demers.